Histoire Erotique

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Le Candauliste

Juliette et Hugo sont victimes d'un accident de voiture. Cet accident a de graves conséquences, dont une moins attendue qui va modifier profondément la sexualité du couple. Hugo va demander à sa femme de se prêter à des jeux particuliers...

Proposée le 25/02/2018 par Philus

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Thème: pratiques sexuelles
Personnages: FH
Lieu: A la maison, intime
Type: Roman

Prévue pour tout le week-end de cette fin août, la pluie finalement ne se décida à tomber que le dimanche en fin d’après-midi. Hugo rétrograda une vitesse et enclencha les essuie-glaces d’un geste mou. La voiture ralentit, l’eau sur le pare-brise fut balayée rapidement et Hugo poussa un soupir.
— À chaque fois qu’on va chez tes parents, il pleut. Avec la buée, la pluie et ce ciel d’apocalypse, je n’y vois plus rien. C’est pénible à la fin !
— On y va que deux fois par an ! objecta Juliette. Tu peux faire un effort tout de même, ils sont gentils.
— Je ne dis pas, ce n’est pas comme ma mère, concéda le conducteur. Mais ce n’est vraiment pas le bol. On n’est pas rentré à cette allure !
— Attend, j’ai de quoi te faire patienter.
Juliette et Hugo formaient un couple d’environ vingt-cinq ans. Lui était grand et mince et si ses cheveux étaient abondants, ils étaient malgré son âge curieusement presque gris. Cela tranchait net avec son teint méditerranéen. Juliette était blonde, plutôt petite, mais extrêmement bien proportionnée. Ses fesses rondes dans son legging, ses jambes fines, son ventre plat, sa poitrine fière, ses courbes parfaites en faisaient une femme sur laquelle tous les hommes se retournaient avec admiration voire avec concupiscence. Jeunes et en pleine santé, ils s’entendaient merveilleusement bien, au lit comme ailleurs.

Joignant le geste à la parole, Juliette déboucla sa ceinture de sécurité et s’allongea sur le côté, la tête sur les cuisses du conducteur. Elle ne voyait plus la route, mais entendait l’eau violemment projetée sous la carrosserie. D’une main habile, elle dégrafa le ceinturon de cuir, passa les doigts sous la taille du pantalon qu’elle déboutonna puis fit glisser la fermeture de la braguette. Le jean d’Hugo, largement béant, laissait apparaître un caleçon aux couleurs vives.
— Chérie ! Tu crois que c’est prudent ? J’ai déjà bien chaud avec le coup de l’étrier que m’a forcé à boire ton père… D’ailleurs, tu as aussi les oreilles rouges, je trouve. Je pense qu’on ne devrait pas.
— Regarde la route et laisse-moi faire, rétorqua sa femme d’un ton faussement péremptoire.
Par la fente du sous-vêtement, Juliette fit glisser ses doigts et saisit le pénis recroquevillé. Elle changea de position pour placer la tête sur le bas-ventre de son mari et déposa quelques baisers sur le prépuce qui émergeait du slip. Quelques coups de langue bien appliqués et le sexe prit assez de vigueur pour lui permettre d’en libérer un gland rond et rose qu’elle happa goulûment. Hugo poussa un long soupir.
— Bon Dieu ! Ce que tu fais ça bien ! souffla-t-il.
Juliette, la bouche pleine, ne put sourire, mais elle le fit intérieurement. Elle aimait entendre son mari lui faire ce genre de compliments, cela la rassurait. Elle s’appliqua encore plus à la tâche et fit raidir et gonfler la verge d’Hugo à son maximum. Elle allait et venait de sa bouche grande ouverte, engloutissant le membre le plus loin possible, se risquant parfois à toucher la peau tendue du ventre et du scrotum de ses lèvres brûlantes. Quelquefois elle restait la tête posée, immobile autant que faire se peut en raison des cahots de la route et, la langue largement sortie, elle y frottait le gland en balançant le phallus d’un geste de la main aussi régulier que celui du pendule d’une horloge comtoise. Hugo soupirait de plus belle.

Enfin, pressentant que le moment crucial arrivait, Juliette changea de tactique. Saisissant le prépuce entre ses doigts elle le fit aller et venir rapidement tout en gardant les lèvres arrondies autour du méat. Quand elle reçut la première giclée de sperme, elle l’avala précipitamment puis enfourna le gland entre la langue et le palais pour se délecter du liquide qui jaillissait. Hugo rugissait de plaisir en déchargeant sa semence dans la gorge de sa femme puis, il hurla à nouveau, mais de frayeur cette fois-ci et il lâcha le volant. Juliette se redressa, angoissée. Ce furent successivement le dérapage, la perte de contrôle inévitable du véhicule, les trois tonneaux sur la route, les vitres qui explosent, la glissade interminable parsemée d’étincelles dans un bruit d’enfer et enfin l’arrêt brutal de la voiture contre l’arbre d’un champ contigu.
Un voile noir et rouge descendit silencieusement sur les yeux des deux jeunes gens.

*

Les éclairs multicolores des véhicules de pompiers et de gendarmerie de Nancy tranchaient la nuit en cadence. La pluie redoublait de violence sur la route où des gendarmes, illuminés comme des sapins de Noël, ralentissaient la circulation presque jusqu’à l’arrêt. Dans la boue, les bottes crottées, une douzaine d’individus s’affairaient autour de la voiture accidentée.
— Amenez-vous pour la désincarcération ! Merde ! Qu’est-ce que vous foutez ?! hurla le lieutenant des pompiers.
Deux hommes arrivèrent en courant embarrassés de leurs outils, puis s’attaquèrent à la carrosserie de la berline dans un bruit strident difficilement supportable pour les oreilles de l’entourage. Le capitaine de gendarmerie élevant la voix jusqu’à crier, interrogea le pompier :
— Heureusement que les airbags ont fonctionné.
— Oui, seulement je constate que la femme avait détaché sa ceinture de sécurité. Je m’attends au pire là-dessous.
— Vous croyez qu’ils ont une chance de s’en tirer ?
— Je l’ignore, mais on va bientôt le savoir.
En effet, l’un des deux pompiers chargés de désincarcérer les victimes venait au rapport.
— Ça y est chef. On a le conducteur, il a perdu connaissance, mais il vit encore. Il faut qu’on l’enlève de là pour s’occuper de la passagère. Elle vit aussi, on a un pouls au niveau de la cheville.
— Alors, sortez-les de ce tas de ferraille ! Et vite !
— Je viens avec vous, assura le capitaine de gendarmerie.
Le pompier repartit en courant suivi du gendarme glissant et pataugeant dans la fange. Le lieutenant, quant à lui, s’engouffra dans le véhicule destiné à emporter les blessés aux urgences. Avec moult précautions, Hugo fut extrait de sa prison de métal, mais quand les jambes apparurent, l’officier tiqua.
— Bizarre, il a le pantalon sur les genoux.
Puis deux secondes plus tard :
— Putain ! Je n’y crois pas, elle lui faisait une pipe !
Il avait parlé haut. Deux jeunes pompiers volontaires ne purent s’empêcher de sourire en se regardant, complices.
— Emmenez-le ! Vite ! Au lieu de vous marrer comme des cons ! vociféra un homme.
Quelques gendarmes prenaient des photos, les flashes ajoutaient à l’irréel de la scène.
— N’oubliez pas la prise de sang, fit le capitaine au pompier.
Ce dernier acquiesça de la tête et, une fois le brancard installé, le véhicule rouge partit toute sirène en action. L’officier revint vers la femme couchée sur les deux fauteuils avant. Son bras droit était en sang et formait un angle anormal avec l’épaule. Elle gémissait faiblement, un liquide blanchâtre facilement reconnaissable lui coula du coin de la bouche. Le gendarme ne put retenir une exclamation de dégoût, mais finit par lui murmurer à l’oreille d’un ton qui se voulait rassurant :
— Ne vous inquiétez pas, Madame, on va vous emmener à l’hôpital.
Aussitôt placée dans un brancard, Juliette fut conduite dans le deuxième VSAV qui démarra en trombe dans les mêmes conditions que le premier.
— Où les emmenez-vous ? s’enquit l’officier.
— À Saint-Julien, répondit le pompier.
Le capitaine nota ces renseignements dans un calepin puis, s’adressant à un gendarme, ordonna :
— Finissez et rentrez. Je retourne à la caserne pour commencer le rapport.
Sans attendre la réponse, l’officier de gendarmerie tourna les talons et se dirigea vers sa voiture. En chemin, il se dit, contrarié :
— Zut ! Je ne me rappelle pas « fellation », ça prend un ou deux « l » ?

*

Quelques mois avaient passé. Malgré l’alcoolémie d’Hugo et les circonstances particulières de l’accident impudiquement révélées par le rapport de gendarmerie, l’assurance avait tout pris en charge. La voiture était hors d’usage, mais à part le champ qu’il avait fallu remettre en état après le passage des pompiers et des gendarmes, les dégâts causés aux tiers étaient nuls. Les sanctions avaient été minimes, Hugo s’était vu retirer son permis de conduire pendant trois mois et avait dû payer une amende salée. Cette période de suspension ne lui avait pas causé beaucoup de tort, car il était à ce jour toujours à l’hôpital. Quant à l’amende, ce n’était plus qu’un détail que son épouse avait réglé en son temps.
Juliette n’avait plus le bras dans le plâtre, mais venait régulièrement à la clinique. Elle commençait par rendre visite à son mari qui s’était remis rapidement de son coma puis faisait sa rééducation et enfin, ne partait pas sans avoir rencontré le médecin qui s’occupait d’eux depuis le jour de l’accident. Ce jour-là, pendant sa séance de kinésithérapie, un homme de taille moyenne, chauve sur le sommet du crâne et vêtu d’une blouse blanche entra dans la salle. Il interpella Juliette :
— Madame Dusaule, je pourrais vous voir après ?
Reconnaissant le docteur Heyric, Juliette répondit :
— Oui, bien sûr docteur. Comme d’habitude.
— Bien, à tout de suite alors, dit-il en sortant de la pièce et en fermant la porte doucement.
— Ça va sans doute être fini pour vous à mon avis, lui fit le kinésithérapeute. Il faut dire que votre bras et votre épaule ont retrouvé toute leur mobilité.
— Si seulement, rétorqua-t-elle…
La séance terminée, Juliette se dirigea vers le bureau du médecin. Celui-ci vint la chercher dans le minuscule salon d’attente après quelques minutes. Il avait l’air grave, plus grave que d’habitude.
— Quelque chose ne va pas ? fit Juliette inquiète avant même d’avoir franchi la porte du bureau.
— Asseyez-vous Madame Dusaule, répondit seulement Heyric.
Juliette se tut, suspendue aux lèvres du médecin. Il commença :
— Vous savez, Madame Dusaule, que votre mari a été touché à la colonne vertébrale et…
— Oui, vous l’avez même opéré, se dépêcha d’interrompre la jeune femme semblant redouter ce qui allait suivre.
— C’était l’opération de la dernière chance, poursuivit le médecin. Je ne vous ai pas caché qu’elle pouvait aussi bien réussir qu’échouer.
Le cœur de Juliette s’accéléra.
— Et ?...
— Malgré tous nos efforts, ses jambes restent et resteront définitivement inertes. Nous avons tout tenté, mais Hugo ne remarchera plus. Je suis désolé.
Des larmes coulèrent le long des joues de la jeune femme, la gorge nouée, elle ne pouvait prononcer un mot. Ce silence forcé permit au docteur Heyric de poursuivre.
— Ses membres postérieurs ne réagissent plus et son bassin en dessous du nombril est devenu presque insensible. Heureusement, il a conservé le réflexe de miction et de défécation ; il n’aura donc pas besoin de sous-vêtements spéciaux. Par contre, malgré les divers stimuli auxquels nous l’avons soumis, il semble qu’il ait perdu celui de l’érection. À ce stade, ce n’est qu’un détail, me direz-vous.
— Il n’y a vraiment aucun espoir qu’il remarche ? articula Juliette entre deux sanglots.
— Je suis désolé. Je vous conseille de prendre rendez-vous avec le psychologue de l’établissement et que vous vous y rendiez tous les deux. Hugo va sortir avec un fauteuil que nous vous fournirons. Vous pourrez le garder un mois ou deux le temps pour vous d’en trouver un qui soit mieux adapté. Je vous conseille ce fabricant, termina Heyric en faisant glisser une carte de visite en direction de la jeune femme qui s’en saisit sans même la lire, abasourdie par la nouvelle. Puis, après avoir reçu quelques conseils complémentaires qu’elle n’écouta pas, Juliette quitta le bureau du médecin. Parvenue à l’extérieur, elle retrouva la voiture neuve qu’elle avait récemment achetée sur les conseils de son mari. La pluie se mit à tomber lui rappelant cette journée funeste de l’accident et elle s’écroula sur le volant, étouffée par les sanglots et un sentiment de culpabilité indicible, puis se calma enfin.
La mort dans l’âme, elle démarra, les yeux encore brouillés de larmes.

*

Deux semaines plus tard, Hugo était rentré à son domicile, un appartement de quatre pièces que Juliette et lui occupaient depuis plusieurs mois. Il lui tardait de reprendre son activité professionnelle, même si pour le début ce n’était qu’à mi-temps. Comme il travaillait essentiellement sur ordinateur, son patron avait fait facilement aménager son poste de travail. Juliette, institutrice, avait demandé à l’académie une année sabbatique qu’elle pouvait prolonger si elle le souhaitait en fonction de l’état de santé de son mari. L’assurance avait versé un gros capital et le couple était à l’abri des besoins financiers.

Dans l’intimité, après plusieurs mois sans relations sexuelles, la situation avait changé. N’ayant plus d’érection, Hugo s’efforçait de donner du plaisir à son épouse avec la langue ou les doigts. Son mari couché sur le dos, Juliette s’accroupissait au-dessus de son visage, se reposait sur les coudes et il lui léchait le clitoris jusqu’à l’orgasme. Elle aimait bien le contact de la langue, mais trouvait parfois la position inconfortable. Aussi, souvent, elle s’allongeait sur lui, glissait la main d’Hugo entre eux deux et il lui caressait le petit bouton ou faisait pénétrer deux ou trois doigts dans son vagin. Plusieurs positions étaient essayées parfois si acrobatiques, que Juliette s’écroulait sur le lit en riant aux éclats. Hugo était devenu lunatique. Tantôt il riait avec elle, tantôt il la rabrouait et faisait la tête en proie à un état dépressif.
Un soir, pensant faire plaisir à son mari, Juliette sortit d’un tiroir de la table de chevet, un vibromasseur qu’elle lui présenta. La réaction fut tout autre que celle espérée. Hugo s’énerva.
— Qu’est-ce que c’est que ce truc ? fit-il.
Interloquée, Juliette répondit :
— Bah, un vibromasseur ! Tu vois bien. Je l’ai acheté dans un sex-shop à l’autre bout de la ville pour être sûre de ne rencontrer personne de nos connaissances…
— Je vois bien que c’est un vibro ! Je ne suis pas idiot. C’est parce que je ne bande plus que tu en as besoin ? En plus, tu en as profité pour le prendre plus gros que ma bite, bravo ! Tu les aimes bien grosses, hein ?
Juliette, déçue, eut malgré cela la présence d’esprit de désamorcer le conflit naissant :
— Mais non, il n’est pas plus gros. Il y en avait des plus gros encore, mais aussi des plus petits. Tu vas rire, je l’ai choisi sur le présentoir en fermant les yeux et en les enserrant de ma main l’un après l’autre jusqu’à ce que je retrouve le diamètre de ton sexe…
La physionomie d’Hugo changea et il se mit à s’esclaffer.
— Je t’imagine palper tous ces machins à la recherche du format idéal ! J’aurais voulu te voir !
— Méchant ! dit-elle en riant et en frappant son mari avec le sex-toy.
— Viens là qu’on l’étrenne, reprit Hugo plus sérieusement.
Juliette cessa de rire et se pencha pour embrasser son époux. Elle se positionna ensuite à quatre pattes en faisant demi-tour comme pour un soixante-neuf. Elle évitait toutefois d’effleurer le sexe inerte qu’elle avait devant elle de peur de mettre son mari mal à l’aise. Hugo remarqua la vulve brillante et la cyprine qui perlait. Il approcha le vibromasseur, actionna l’interrupteur et caressa doucement les lèvres et le clitoris de sa femme qui poussa des petits cris de plaisir. Soudain, il arrêta la vibration, pointa l’extrémité à l’entrée du vagin et appuya. L’appareil s’enfonça d’une dizaine de centimètres et un long soupir se fit entendre. Il commença doucement à aller et venir dans ce puits d’amour qui émettait d’érotiques bruits de succion. Juliette se reposa sur ses coudes et ses lèvres ne purent s’empêcher de déposer quelques baisers sur la chair inerte entre les cuisses de son mari. Hugo, ne sentant ni ne voyant rien, les ignora. Au fur et à mesure que le vagin lubrifiait, il poussait le vibromasseur nettement plus loin jusqu’à parvenir jusqu’à la garde de l’objet.
— Mets-le en marche chéri, implora Juliette d’une petite voix déformée par l’excitation.
Tout en maintenant ses va-et-vient, Hugo actionna l’interrupteur. Le bruit lancinant reprit, couvert par les plaintes rapprochées de sa compagne qui poussa soudain un cri d’une ampleur qu’Hugo ne lui avait jamais connue. Pendant presque une minute, comme il était bien placé, il devina les contractions du vagin chacune accompagnée d’un profond gémissement qui diminuait en intensité au fur et à mesure. Juliette s’écroula sur son mari.
— Arrête ! Je t’en supplie ! implora-t-elle. Je n’en peux plus.
Hugo stoppa les vibrations et sortit le vibromasseur de son fourreau. Il laissa sa femme reprendre sa respiration tout en lui caressant les fesses.
— Quel pied ! Chéri, je t’aime… lui dit-elle.

*

À partir de ce jour, le vibromasseur fit très souvent partie de leurs jeux sexuels. Hugo était ravi pour Juliette qui en tirait beaucoup de plaisir, mais au fond de lui quelque chose le dérangeait. Il ne savait quoi exactement jusqu’à cet après-midi de printemps où il comprit.
Depuis son retour de l’hôpital Hugo, qui travaillait le matin, avait pris l’habitude après le repas de midi de faire la sieste dans le salon pendant une demi-heure à une heure sur son fauteuil roulant. Pendant ce temps, son épouse lisait ou avait une quelconque activité silencieuse pour ne pas déranger son sommeil. Ce jour-là pourtant, cela faisait seulement dix minutes qu’il s’était abandonné aux bras de Morphée, il se réveilla subitement. Un son indéfinissable de faible intensité lui arrivait aux oreilles. Il avait beau écouter attentivement, il ne parvenait pas à en deviner la nature. Bien que son fauteuil fût électrique, il décida de s’approcher silencieusement de la source sonore en faisant tourner les roues manuellement. Quittant le salon, il s’engagea dans le couloir et se dirigea vers la chambre d’où semblait émaner le bruit. La porte était entrebâillée, il s’approcha pour glisser un regard curieux. Dans un premier temps, ce qu’il vit le surprit et le choqua.

Juliette, entièrement nue, était allongée sur le lit à califourchon sur le traversin positionné dans le sens de la longueur. Dans la partie basse, un gode-ceinture cernant le polochon, lui pénétrait profondément le vagin. Juliette enserrait de ses bras le haut du traversin, et de ses reins, faisait aller et venir dans son intimité le godemiché retenu à la courroie de cuir tout en poussant de petits gémissements plaintifs qu’elle s’efforçait de rendre discrets en mordant le drap. Le premier réflexe d’Hugo fut d’entrer brusquement et lui demander ce qu’elle faisait, mais il se ravisa. Ce qu’elle faisait, c’était évident. Pas besoin de chercher et puis, pourquoi gâcher son plaisir ? Pourquoi sans lui ? Là était la vraie question. Mais le gode-ceinture qu’il n’avait jamais vu auparavant et ce polochon succédané d’un corps masculin, semblaient lui jeter au visage son infirmité. C’était bien la représentation d’un mâle le sexe dressé et sa femme, en dépit des cunnilingus, des caresses digitales, du vibromasseur, avait besoin de l’étreinte d’un homme ! Et ça, il ne pouvait plus le lui offrir ! Malgré cela Hugo observa son épouse avec lubricité et laissa l’orgasme s’emparer d’elle toute entière, spasme d’amour qu’elle dissimula au mieux de ses cris étouffés. Il ne sut décrire exactement quel sentiment l’envahissait à voir sa femme jouir ainsi sans lui, mais il se sentait troublé. Quand ce fut terminé, il fit demi-tour et silencieusement reprit sa place initiale pour faire semblant de dormir. Vingt minutes plus tard, Juliette, d’étranges cernes bleutés sous les yeux, lui dit :
— Alors chéri, bien dormi ?
— Oui mon amour, mais j’ai fait de drôles de rêves, tu sais… répondit-il avec un sourire énigmatique qui laissa Juliette perplexe.

*

La fin de la semaine arriva et le dimanche matin, alors que sa femme sortait de la douche nue comme un ver, Hugo en riant la photographia plusieurs fois à l’aide de son smartphone. Juliette étonnée lui demanda :
— Qu’est-ce que tu fais ?
— Regarde ces belles photos. Maintenant, au boulot quand je penserai à toi, je pourrai te voir sur mon téléphone dans l’habit que je préfère.
Pas plus pudibonde que ça, elle répliqua :
— Si ça te plait… Mais ne me laisse pas traîner sur ton bureau !
— Rassure-toi, je t’aurai toujours sur moi.

Juliette oublia cet incident quand un soir de la semaine, Hugo se lança :
— Chérie, j’ai quelque chose à te dire, mais d’abord promets-moi de ne pas m’interrompre.
— C’est promis, mais tu m’inquiètes. Je n’aime pas une conversation qui débute comme ça.
— Ne t’en fais pas, écoute-moi seulement. Ce matin au bureau, j’ai eu un début d’érection.
— Quoi ? Mais c’est formidable chéri ! Tu sais, on va…
— S’il te plait. Tu m’as promis de ne pas m’interrompre.
— Oui, c’est vrai, mais c’est tellement merveilleux...
— Effectivement, pendant une seconde j’ai eu un début d’érection, mais c’est tout. C’est bien la première fois depuis ce foutu accident. Seulement voilà, ça s’est passé dans des conditions particulières.
— Une femme ? s’inquiéta Juliette.
— S’il te plait…
— Oui, pardon.
— L’autre jour, je t’ai surprise avec le polochon et le gode-ceinture. Je ne t’en ai pas parlé, mais je suppose que tu ne l’as pas fait qu’une seule fois.
Un silence gêné s’installa, Juliette rougit jusqu’aux oreilles. Un sentiment de laideur d’elle-même l’envahit et elle baissa le nez. Cette fois-ci, elle n’interrompit pas son mari.
— N’ai pas honte, chérie ; le plaisir solitaire fait partie de notre vie. Cependant, j’ai compris une chose ce jour-là, c’est que tu avais besoin d’un homme, d’un homme avec un sexe qui bande et que tu peux serrer dans tes bras pendant qu’il te possède. Mes doigts, ma langue et même le vibromasseur, ça va un temps. Ton traversin affublé du gode-ceinture, c’est comme si moi, dans ta situation, je baisais une poupée gonflable sans te le dire.
— Le gode-ceinture, je l’avais acheté pour toi, mais j’ai eu peur que tu le prennes mal. Je ne t’ai jamais trompé, tu sais, affirma Juliette.
— J’en suis sûr chérie, répondit Hugo. Puis il poursuivit :
— Un matin, au bureau, je contemplais avec envie les photos que j’ai faites de toi quand tu sortais de la douche. Je n’avais pas remarqué un collègue qui se tenait derrière moi lorsque soudain je l’entendis dire :
« Putain, la nana ! Fais voir ! T’as eu ça où, sur le net ? » et il me prit l’appareil des mains. Il se rinça l’œil sur toutes tes photos, les yeux écarquillés. Je voulus reprendre mon téléphone, mais il ne me laissa pas faire. Je remarquai son air lubrique, son excitation sexuelle qui devenait tangible, je suis sûr qu’il commençait à bander. Ce fut alors que moi-même, je ressentis comme un spasme au niveau du pénis. Rien qu’en me contractant, je le faisais légèrement bouger dans mon slip. Je n’y croyais pas et savourant le phénomène plein d’espoir, je continuai à dévisager le collègue qui te scrutait avec convoitise. Il finit par me rendre le téléphone et quitta la pièce ; je regardai à nouveau tes photos, mais la magie n’opéra plus. Le lendemain, il me demanda de lui montrer tes clichés une fois de plus, ce que je fis pour en avoir le cœur net. Dans les mêmes conditions que la veille, j’eus un début d’érection en voyant cet homme te fixer avec envie. Je compris soudainement que ce n’était pas tes photos qui me provoquaient ça, mais bien LA VISION DE l’AUTRE QUI TE DÉSIRAIT ! J’étais devenu candauliste, à l’image de ce roi mythique de Lydie. Cette révélation me terrassa et m’intrigua à la fois.

Hugo se tut, attendant la réaction de son épouse.
— Can… quoi ?
— Candauliste. Rassure-toi, il y a encore une semaine j’ignorais tout de ce terme. J’en ai découvert l’origine dans la mythologie où un certain roi du nom de Candaule trouvait sa femme tellement belle qu’il voulut la montrer nue à un officier de sa garde personnelle. Le type se cacha un soir derrière un rideau et admira la reine quand elle se déshabilla. Pour la petite histoire, cela ne porta pas chance au roi qui plus tard fut trahi par son épouse et assassiné par ce même officier. Maintenant, j’ai appris que le candaulisme consiste pour un homme, non seulement à s’exciter en montrant sa femme nue, mais plus communément à trouver du plaisir sexuel à la voir faire l’amour avec un ou plusieurs partenaires.
Juliette restait silencieuse et observait son mari avec une telle expression qu’il eut soudain le rouge aux joues.
— Et je peux savoir ce que tu comptes me demander ? fit-elle d’une voix glaciale.
Hugo fit mine de ne pas s’apercevoir de la froideur de sa femme :
— Juste une faveur, je t’en serais reconnaissant. Tu es belle Juliette, mais même nue, la serviette sur la tête au sortir de la douche ce n’est pas d’un érotisme exacerbé. Puisque le collègue t’a trouvée excitante ainsi, j’aimerais pouvoir lui montrer des photos de toi davantage… Comment dirais-je ? Plus... émoustillantes. Je m’imagine que s’il est encore plus troublé en te voyant qu’il ne l’a été jusqu’à présent, mes chances d’érection seront plus importantes. Tu sais que je m’y connais pas mal en photographie, j’aimerais bien que tu poses pour moi, mais nue, et absolument sans retenue.
— Que je pose pour toi, je veux bien, mais pour montrer à quelqu’un d’autre ! fit remarquer Juliette.
— Oui, c’est vrai, admit Hugo. Mais notre future entente sexuelle est à ce prix.
Juliette retint cette dernière phrase qui l’émut. En une fraction de seconde, elle envisagea la vie avec son mari handicapé, mais sexuellement apte.
— Il sait qui je suis ?
— Non, je ne le lui ai pas dit. Il pense que j’ai trouvé les photos sur internet.
— Bon, c’est d’accord, mais tu ne lui dis toujours rien.
— C’est promis.

Le dimanche suivant, Hugo réalisa une série de clichés avec une Juliette amplement consentante. Un peu intimidée toutefois au début de la séance, elle se prit au jeu et finit par accepter sans rechigner des positions extravagantes qui exhibaient de près ses organes les plus intimes, glabres sur la demande de son mari. Les derniers clichés la représentaient avec le vibromasseur, mais elle refusa que ces photos-là soient montrées.
Passablement excitée, Juliette fit en sorte que les prises de vue se terminent dans la chambre avec un savant cunnilingus de la part de son époux, mais cette fois-ci tout appareil photo éteint.

*

Plusieurs jours s’écoulèrent et, un mercredi après la sieste d’Hugo, Juliette abandonna son ordinateur pour tenir compagnie à son mari. Silencieuse et à l’écoute, elle attendait manifestement quelque chose et Hugo le remarqua. Juliette se lança d’une petite voix faussement désintéressée :
— Tu as du nouveau ?
Hugo prit la balle au bond.
— Je suis content que tu m’en parles en premier, car oui, j’ai du nouveau, mais je n’osais pas aborder le sujet. Il va falloir que tu sois forte chérie.
— Que veux-tu dire ? Tu n’y arrives plus ? fit Juliette inquiète.
— Si, mais laisse-moi te raconter. Lundi matin à la pause-café, je glissai innocemment à Damien, mon collègue, que j’avais d’autres clichés de « la fille nue » qu’il avait déjà vue, autrement dit toi. Fortement intéressé, il me rejoignit dans mon bureau et s’assit à moitié sur mon secrétaire. Je lui donnai le téléphone et il fit passer les photos une à une dans un sens et dans l’autre. Sur certaines, il restait plusieurs secondes. « Putain ! Ce qu’elle est bien foutue ! » dit-il plusieurs fois. Au bout de quelques minutes, il glissa la main dans la poche de son pantalon et je le vis prendre et remettre en place son sexe durci. Son érection était à son maximum et, en l’observant ainsi excité, la mienne vint également. Elle était normale et me gênait un peu aussi. Enfin, il quitta le bureau en tiraillant à nouveau son sexe pour que son érection ne se remarque pas trop. « Il faut que j’aille me branler », dit-il comme s’il se parlait à lui-même. Dès qu’il fut sorti, je débandai aussi sec et me mis à me lamenter sur mon sort.
Hugo laissa un blanc.
— Si tu y es arrivé, il doit bien y avoir moyen de recommencer, fit Juliette. Et puis, pourquoi me dis-tu que je dois être forte, c’est plutôt encourageant ce que tu me racontes.
— Tu te rappelles ce que je t’ai appris un jour sur le candaulisme ?
— Oui, vaguement…
— Voilà. Je suis arrivé à la conclusion suivante. Dans un premier temps, quelques photos non suggestives de toi, nue sortant de la douche, ont excité mon collègue et je me suis mis à bander sensiblement. Des photos plus érotiques l’ont allumé un peu plus et j’ai bandé plus également. Si je veux avoir une érection complète et peut-être avoir un orgasme, il faut aller plus loin encore.
— Ah ? Et comment ? fit Juliette qui ne voyait pas où son mari désirait en venir.
Hugo fit mine de réfléchir puis enfin s’élança :
— Il faut que je te voie faire l’amour avec lui.
— QUOI ?!!! hurla Juliette. Ça ne va pas dans ta tête ?
— Tu sais maintenant pourquoi je t’ai priée d’être forte…, reprit Hugo d’une voix intentionnellement douce.
— Non, mais là c’est trop me demander. Tu divagues chéri. De plus, c’est peut-être un gros porc, beurk !
— Pas du tout. Il n’a que deux ans de plus que moi, c’est un sportif et il a beaucoup de succès auprès des collègues féminines.
— Peu importe. C’est hors de question.
— Voyons, chérie…
— Non et non ! termina Juliette.
Elle se leva et fonça dans la chambre dont elle ferma la porte. Rageuse, elle se jeta sur le lit, prit une revue qui traînait à terre et s’y propulsa toute entière. Au bout de deux pages cependant, elle reposa le magazine, glissa les deux mains sous sa tête et fixa le plafond en une intense réflexion.

À l’heure du dîner, Juliette et Hugo se mirent à table dans un silence gêné. Au milieu du repas soudain Juliette questionna :
— Tu as une photo de ton collègue ?
Hugo la dévisagea fixement, n’osant espérer ni faire un geste.
— Je n’ai pas encore dit oui, précisa sa femme.
Le jeune homme interloqué, sortit son téléphone, le manipula quinze secondes et le tendit à son épouse.
— Tiens, c’est lui à côté de moi. C’est un autre collègue qui nous a pris au cours d’une réunion.
— Oui, effectivement c’est un beau garçon. Mais c’est toi que j’aime, comprends-tu ? Comment peux-tu me demander ça ?
Hugo, les yeux pleins d’amour pour sa femme, se justifia :
— Écoute chérie, moi aussi je t’aime et j’ai envie d’avoir avec toi une vie de couple aussi normale que possible malgré mon handicap. Je sais que cette vie ne sera possible que si nous nous entendons bien sexuellement. Le fait que je n’aie plus d’érection nous mènerait droit dans le mur et je te perdrais si nous ne faisons rien. Le seul moyen pour cela c’est que je retrouve une érection normale afin de faire l’amour avec toi comme au premier jour ; ce moyen est à notre portée. Oui, je te demande un sacrifice, mais celui que je fais est au moins aussi grand, reconnais-le ; si la situation était inversée, que ferais-tu ? T’es-tu posé la question ? Quand j’aurai retrouvé toutes mes facultés, nous pourrons enfin être heureux et tout ceci ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Oui tu as mal, oui j’ai mal, mais c’est un mal nécessaire pour notre amour.
Un long silence s’installa. Juliette versait silencieusement quelques larmes dans le creux de ses mains. Hugo fit glisser son fauteuil à ses côtés et posa la tête sur son épaule.
— C’est d’accord, déclara-t-elle. Mais je ne veux pas entendre le son de sa voix et nous ne nous rencontrerons qu’une seule fois.
— Tu verras, nous serons heureux après, dit Hugo, je te le promets.

*

Le mois de juin arrivait avec ses longues journées et ses courtes nuits. Un vendredi soir alors qu’ils avaient travaillé tard au bureau, Hugo invita Damien à prendre l’apéritif au café proche. Quand ils furent attablés au fond de la salle et après quelques banalités, Hugo entra dans le vif du sujet :
— Tu sais qui c’est la fille sur mon téléphone ?
— La fille à poil ?
— Oui.
— Non, je ne sais pas qui c’est, mais je donnerais cher pour avoir son numéro ! répliqua Damien en riant.
— Je peux te le donner si tu veux et je peux même faire mieux.
Intrigué, Damien s’enquit :
— Que veux-tu dire ?
— Bon, écoute, je ne vais pas y aller par quatre chemins. La fille à poil comme tu dis, c’est ma femme et elle s’appelle Juliette.
Damien en eut le souffle coupé. Hugo se serait soudainement transformé en dragon ou en mammouth qu’il n’aurait pas eu les yeux plus ronds.
— Tu… Tu rigoles ?
Sans répondre, Hugo poursuivit :
— Nous aimerions que tu nous rendes un service. Voilà. Pour faire court et si tu n’étais pas au courant, sache que depuis mon accident, non seulement je suis devenu paraplégique, mais aussi impuissant. Tu imagines bien que cela empoisonne nos relations alors que nous nous aimons fort tous les deux. Malgré son amour pour moi, elle a souvent envie de coucher avec un homme, elle me l’a confié plusieurs fois, mentit Hugo. Jusqu’à présent, j’ai réussi à ce qu’elle ne le fasse pas, mais je sais maintenant que si je continue dans cette voie, elle le fera en cachette et là, c’est la mort de notre couple.
Damien vida son verre d’un trait.
— Je l’ignorais, j’en suis désolé, mais qu’est-ce que je viens faire là-dedans ? dit-il.
— Je ne veux pas me morfondre dans la jalousie tous les jours en me demandant si elle l’a fait ou non. Guetter l’heure où elle rentre à la maison, fouiller son sac, éplucher l’historique de son téléphone, soupçons et compagnie… Non, je ne pourrais pas. Si elle doit s’envoyer en l’air avec un autre, je préfère de loin savoir avec qui et quand, au moins je serais fixé. Alors, d’un commun accord, nous avons convenu que je la laisserai coucher avec un homme à trois conditions.
— Quelles sont-elles ? fit Damien qui commençait à comprendre.
— Un préalable imposé par ma femme, l’homme ne doit pas prononcer un mot ; une condition que j’ai posée personnellement, je serai spectateur de ses ébats sans rien dire ni participer bien entendu ; et enfin, une condition admise par nous deux, cela ne se passera qu’une seule fois avec le même homme.
— Et tu as pensé à moi pour…
Hugo se contenta de regarder son collègue sans répondre. Damien se mordilla le pouce en fixant un point imaginaire de l’autre côté de la cloison.
— Nous avons aussi des relations d’amitié et de travail, tu es sûr que ça irait après ?
— Ne t’en fais pas, j’ai beaucoup réfléchi à cette solution. Rien ne sera changé entre nous, je te le promets.
Damien médita une minute puis finit par déclarer :
— Ta femme sera la plus belle fille que j’aurai enlacée de toute ma vie. C’est d’accord, donne-moi ton téléphone, s’il te plait que je l’admire encore…
Un creux dans l’estomac, le rythme cardiaque affolé, Hugo sortit son portable et le tendit en tremblant à son collègue qui se replongea dans les photos dénudées de Juliette. Il fut convenu que Damien serait invité le samedi du week-end suivant, Juliette ayant demandé à Hugo le temps de se préparer à l’idée dès qu’elle aurait connaissance de la date fixée pour le rendez-vous.
« Le sort en est jeté », songea Hugo, un pincement au cœur.

*

Juliette, informée dès qu’Hugo fut rentré, voyait soudain avec anxiété se profiler la réalisation prochaine d’un acte qui jusqu’à présent n’avait été qu’un fantasme un peu flou. Elle se renfrogna, se refusa à Hugo toute la semaine et lui parlait peu. Hugo, constatant le manque d’enthousiasme de sa femme, n’était plus bien sûr de lui et la veille du jour fatidique il lui déclara :
— On peut encore tout annuler, tu sais…
Juliette répondit sur un ton qui n’admettait pas de réplique.
— Non. C’est décidé, tu iras jusqu’au bout et moi aussi. Si tu dois retrouver une érection et un orgasme après ça, je ne veux pas que tu me reproches toute ma vie de ne pas l’avoir fait.
Hugo baissa les yeux. Elle avait raison, mais il sentait fébrilement en lui mordre le poignard de la jalousie qu’il avait fait semblant d’ignorer jusqu’à présent.
Le samedi soir, appréhendé par Juliette et attendu par Hugo, arriva enfin. Damien avait été à l’heure et après l’apéritif, avait dîné de bon appétit. Juliette et Hugo, l’estomac serré, un peu moins. À la fin du repas, Hugo avait servi les digestifs, mais Juliette n’en voulut pas. Résolue, elle prit congé vers vingt-trois heures.
— Je me douche et je vous attends, fit-elle laconique.
Quand elle fut sortie de la pièce, Damien questionna Hugo :
— Tu es sûr qu’elle a envie de coucher avec un mec ? Elle n’a pas l’air dans son assiette.
— Si, si, mais c’est la première fois. Tu comprends, elle est intimidée.
— Bon. J’ai pris une douche juste avant de partir de chez moi, dit-il pour information.
Hugo, n’y tenant plus de ce suspens, déclara :
— Si tu as fini ton verre, on y va quand tu veux.
Damien ne répondit pas, mais se leva pour se placer derrière le fauteuil d’Hugo.
— Quand ce sera terminé, tu t’en vas immédiatement après pour me laisser seul avec ma femme. D’accord ? poursuivit-il.
— Compris, répondit Damien.
— Suis-moi alors, conclut le maître de maison.
L’invité posa les mains sur les poignées du fauteuil et le poussa.

Juliette et Hugo avaient chacun une lampe de chevet de teinte très claire. Elle était rouge du côté de Juliette et celle d’Hugo était verte. Bien que celles-ci ne fussent pas très puissantes, les deux couleurs complémentaires éclairaient la chambre d’un ton indéfinissable, mais tamisé. La place d’Hugo avait été réservée dans un coin de la pièce, il s’y installa. Juliette, allongée sur le dos, nue comme un ver, avait les yeux fixés au plafond. Damien l’observa une dizaine de secondes, puis commença à se déshabiller. Quand il fut lui-même dévêtu, il se tourna vers son collègue comme pour obtenir un dernier agrément ; son sexe était déjà totalement redressé et Hugo en eut instantanément un coup au cœur. Le pénis de Damien était plus gros et plus long que le sien. Si Hugo avant l’accident pouvait présenter en érection une verge de taille moyenne, celle de Damien flirtait plutôt avec le double décimètre. La même différence s’observait pour le diamètre de la hampe. Le poignard d’une jalousie purement masculine mordit Hugo une seconde fois et il fut aussitôt envieux d’un tel sexe et jaloux de sa femme qui allait se faire posséder par cet engin plus long et plus imposant que ne l’était son propre phallus. Hugo regretta soudain ce qu’il avait fait, mais il était trop tard pour reculer. Le vin était tiré aussi, il décida de ne plus penser qu’à lui et invita de la main Damien, muet, à se coucher. Celui-ci s’allongea à côté de Juliette qui ne bougea pas d’un pouce et immédiatement se mit à lui embrasser les seins. Juliette sursauta puis se laissa faire. Son amant d’un soir prit tour à tour entre ses dents chaque mamelon et aréole qu’il suça et aspira longuement tandis que Juliette commençait à respirer plus fort. Quittant la poitrine de sa maîtresse, Damien lui lécha le ventre puis le bas-ventre. Il s’arrêta un moment sur le mont de Vénus glabre qu’il baisa amoureusement de ses lèvres humides jusqu’aux abords de la vulve. Juliette, surprise d’être excitée par cet homme qu’elle ne connaissait pas quelques heures auparavant, poussa un profond soupir et malgré elle écarta les cuisses imperceptiblement en fermant les yeux. Le mouvement des jambes n’était pas passé inaperçu de Damien qui se précipita la bouche ouverte sur les lèvres gonflées et rougies du sexe qui s’offrait à lui. Il introduisit la langue à l’entrée du vagin et avala, en même temps que Juliette émit un fort gémissement, toute la cyprine qu’il ne pouvait plus contenir.
Ce gémissement, Hugo le connaissait bien et il eut sur lui un effet bénéfique. Dans son fauteuil, il contemplait, béat, son sexe dressé au milieu de sa braguette ouverte. Profitant de sa forte érection, il commença une lente masturbation et posait les yeux tantôt sur sa femme tantôt sur son gland qui se découvrait par intermittence. « Ça marche ! », jubilait-il « Ça marche ! ».

Damien, placé comme pour un soixante neuf s’enhardit et présenta son sexe aux lèvres jusqu’à présent closes de sa maîtresse. À ce contact, Juliette recula la tête vivement puis ouvrit les yeux par réflexe. Le désir devenu irrésistible, elle se rapprocha bouche béante et eut un petit râle quand ses mâchoires craquèrent pour s’écarteler à la bonne dimension. Fascinée par la grosseur du gland qu’elle suçait, elle entoura de ses deux mains le membre de Damien qui ne demandait que ça. Résolue, elle dirigea la verge vers le fond de sa langue et attendit ; elle ne voulait pas être active. Damien fit aller et venir son sexe loin dans la bouche immobile de sa maîtresse qui émettait de temps en temps les bruits caractéristiques de la nausée quand le mouvement était trop appuyé, ce qui lui était aisé avec une verge de cette envergure. Au bout de quelques minutes, la douleur dans les articulations de la mâchoire devint lancinante et Juliette repoussa son amant. Il quitta ce nid chaud et douillet et retourna Juliette sur le ventre pour la mettre à quatre pattes. Docile elle se laissa faire et, la croupe en l’air, présenta des fesses magnifiques que Damien sépara de ses deux mains pour lécher avec vigueur le petit trou aux bords plissés.

Hugo se masturbait toujours. Voyant sa femme à quatre pattes et son collègue lui suçant le sphincter, il eut de nouvelles vagues d’excitation sexuelle dans le bas-ventre ; il en était émerveillé, jamais son pénis n’avait été aussi gonflé, aussi dur, aussi raide, et cela même avant son accident. Jamais son scrotum n’avait eu la peau aussi ferme pour soutenir des testicules qu’il sentait remplis d’une semence abondante. Il faisait aller le prépuce de plus en plus rapidement sur le gland, mais commençait à avoir des crampes dans l’avant-bras. Ses yeux se portèrent à nouveau sur le lit.
Juliette malgré la réticence qu’elle avait montrée à Hugo pour cette expérience s’oubliait totalement, savamment excitée par son amant. N’en pouvant plus, elle ôta son anus de la convoitise de Damien et se mit sur le dos, les jambes largement écartées et légèrement surélevées. Passant son bras entre ses cuisses, elle prit le phallus d’une main attirant vers elle Damien resté à genoux. Dans un souffle elle lui murmura :
— Viens…

La verge en avant Damien se coucha sur elle et, d’un seul coup de reins, plongea les vingt centimètres de son pénis dans l’orifice brûlant et trempé qui s’exhibait. Juliette, le vagin dilaté, entoura la taille de Damien de ses jambes afin de garder son sexe au plus profond d’elle et lui planta ses ongles dans le dos. Pour la première fois, elle colla ses lèvres à celles de Damien pour enrouler sa langue autour de la sienne. Enserré par des cuisses énergiques, son amant était limité dans ses mouvements, mais à peine deux minutes plus tard Juliette, à la surprise d’Hugo, poussa un cri d’orgasme de démente qu’elle fit durer jusqu’à ne plus avoir une molécule d’air dans les poumons. Le temps de reprendre une respiration et un deuxième cri analogue retentit suivi de beaucoup d’autres plus brefs, mais tout aussi puissants. Cela dura une éternité au bout de laquelle elle laissa tomber bras et jambes sur le lit pour demeurer immobile en proie à la luxure non encore satisfaite de Damien.
Une autre plainte survint quelques secondes après le dernier râle de Juliette. Hugo, qui se masturbait depuis le début des ébats, venait d’éjaculer un sperme épais et abondant qu’il crachait jusque sur le mur derrière sa tête. Des coulures se perdirent dans ses cheveux, ses yeux, son nez, ses lèvres ; sa main même était trempée. Jamais il n’avait produit une telle quantité de semence et jamais il n’avait connu d’orgasmes aussi longs et forts auparavant. Finalement épuisé et à bout de souffle, il finit par lâcher son pénis ramolli pour se repaître à nouveau du spectacle que lui offrait Juliette ceinturant Damien.

Ce dernier, tout d’abord ébahi par la force de la jouissance de sa maîtresse, avait été encore plus surpris par l’orgasme de son collègue qu’il ne put s’empêcher de regarder. Juliette, le vagin en feu, repoussa Damien. « Tout le monde a pris son pied ici sauf moi », songea-t-il frustré, « À mon tour ». Sur cette pensée, il saisit brusquement les jambes dociles de Juliette allongée en croix, les rapprocha et plaqua les genoux sur le matelas juste au niveau de sa poitrine. L’anus, surélevé, était maintenant correctement exposé et orienté à cinq centimètres de son membre tendu encore mouillé de la cyprine de Juliette. Il approcha son gland et le sphincter également trempé de lubrifiant ne fit aucune difficulté pour s’ouvrir et laisser passer ce phallus hors norme. Juliette poussa un cri de douleur ou de jouissance ou les deux, nul n’aurait pu le dire sauf elle peut-être. La position aidant, il s’enfonça le plus loin possible, arrachant de nouvelles plaintes ambigües à sa maîtresse et au bout de quelques aller et retour de grande ampleur lui déchargea longuement son sperme dans le rectum. Vidé, au propre comme au figuré, il demeura immobile quelques instants, le membre toujours planté dans les fesses de Juliette. Enfin, son sexe ne put maintenir sa rigidité et il se retira. Il avait conservé les mains sur les genoux de Juliette qui ne bougeait plus. Dirigeant son regard vers l’anus dilaté de sa maîtresse, il aperçut le liquide blanchâtre qu’il venait juste d’instiller rejaillir en petits jets saccadés et une large tache visqueuse s’étalait sur le drap. Damien lâcha Juliette qui reprit la position qu’elle avait quand il est entré dans la chambre avec Hugo. Il sut alors que c’était terminé et se leva. Comme convenu, il sortit de la pièce silencieusement et, après quelques rapides ablutions, quitta l’appartement.

Dès que les deux époux furent seuls, Juliette dit à son mari :
— Tu viens, mon amour ?
— Oui, viens vite me chercher.
Quand il fut installé sur le lit, Juliette se pencha la bouche ouverte sur le sexe redevenu flaccide d’Hugo. Elle le décalotta et suça le gland avec amour, mais en vain. Au bout de plusieurs minutes, Hugo fit cesser les caresses.
— Arrête chérie, ça ne sert à rien.
L’érection avait disparu, elle ne revint pas.

*

La semaine qui suivit fut plutôt sombre pour les trois acteurs de la soirée de samedi. Juliette culpabilisait de ne pas avoir réussi à donner elle-même du plaisir à Hugo alors qu’elle l’avait trompée sous ses yeux rien que pour ça. Cela l’avait rendue maussade et réservée jusqu’au week-end suivant. Quant à Hugo et Damien, ils se sont soigneusement évités dans les couloirs de l’entreprise où ils travaillaient pendant quelques jours. Ce triolisme particulier d’un soir ne devait avoir aucune incidence sur leurs relations, mais ce ne fut pas aussi simple. Hugo le comprit et eut la patience et le tact d’attendre quelques semaines avant d’envisager une nouvelle tentative avec son épouse.

Le dimanche suivant la visite de Damien, Juliette se laissa enfin approcher par son mari et ils refirent l’amour comme avant. Hugo n’avait toujours pas d’orgasme, mais il en donnait sans compter à son épouse avec la bouche, les doigts ou le vibromasseur. Il voulut pour elle tester le gode-ceinture, mais étrangement, Juliette refusa. Le climat était à nouveau sain entre eux, elle avait retrouvé le sourire. La vie reprenait son cours normal. Les relations entre Damien et Hugo étaient également redevenues harmonieuses, aucun des deux protagonistes n’évoquant cette fameuse soirée avec l’autre.
Pourtant, le fantasme d’Hugo reprit le dessus et un midi après le déjeuner, il interpella son épouse le plus doucement qu’il put :
— Tu sais chérie, je n’ai pas trop envie de faire la sieste aujourd’hui, commença-t-il.
— Je n’aime pas trop faire l’amour en plein jour, répondit-elle, mais si tu y tiens…
— Non, ce n’est pas ça, ce soir peut-être, rectifia Hugo. Je voudrais juste qu’on parle.
— Attends, je t’emmène au salon, fit-elle en poussant le fauteuil roulant. Laissant son mari face au canapé, elle s’y installa et dit :
— Je t’écoute mon amour.
— Tu sais, je repensais à notre expérience avec Damien.
Juliette se renfrogna.
— C’était une erreur. Nous n’aurions jamais dû faire ça, je ne veux plus qu’on en parle et je veux oublier cette soirée.
— Écoute-moi seulement. Ça n’a été qu’un demi-échec puisque c’est grâce à toi, quand tu as joui toi-même, que j’ai pu avoir un orgasme extraordinaire. Je te rappelle que cela fait un peu plus d’un an maintenant que cela ne m’était pas arrivé.
Juliette baissa les yeux en rougissant. Elle repensait à l’orgasme qu’elle avait eu, orgasme qui, quoiqu’elle s’en défendît, l’avait sérieusement secouée. Elle avait fortement apprécié la prestation de Damien, mais se gardait bien de le dire à son mari. Damien, elle ne le connaissait pas, elle ne l’aimait pas, il lui était totalement indifférent. Tout juste le considérait-elle comme un « super polochon », mais il lui avait donné un plaisir physique intense.
— J’ai fait l’erreur, continua Hugo, de choisir quelqu’un de mon entourage pour ça. Je crois qu’il vaut mieux à l’avenir sélectionner un homme dont nous ignorons tout l’un comme l’autre.
Juliette sursauta :
— À l’avenir ? Tu veux dire que…
— Oui, interrompit son mari. Je pense qu’il serait bon pour nous deux de renouveler l’expérience pour que je puisse enfin arriver à mes fins. Je suis sûr de pouvoir tenir une érection avec toi après cela.
— Tu étais déjà certain de ça la première fois, objecta Juliette.
— Oui, mais Damien je le connaissais trop bien. Ça m’a bloqué quelque part. De plus, je souhaiterais qu’on y apporte quelque chose de plus.
— Quoi encore ? J’ai déjà donné de ma personne, je crois, que veux-tu de plus ?
— Pour tout te dire, j’aimerais te voir prendre par deux hommes à la fois. L’orgasme que je… Où vas-tu ? Chérie ? Reviens s’il te plait !
Juliette s’était levée d’un bond et avait quitté la pièce pour se rendre à la cuisine où quelques tâches ménagères l’attendaient. Hugo la rejoignit et immobilisa son fauteuil dans l’encadrement de la porte. Une casserole à la main, Juliette déclara :
— Tu deviens fou, Hugo. Tu te rends compte de ce que tu dis ? De ce que tu me demandes ?
— Oui, je sais, mais moi aussi j’ai souffert de te voir avec Damien.
— Ça n’a pas eu l’air, répondit Juliette. Si tu y tiens vraiment, rappelle-le, je suis d’accord pour une autre soirée, mais deux hommes ça non, je ne suis pas d’accord.
Hugo s’emporta :
— Ah, je vois. Madame oublie les termes de notre contrat. Madame s’est fait tirer par une grosse bite, ça lui a plu, alors Madame en redemande ! Mais moi, elle s’en fout !
Juliette haussa les épaules.
— Il sait bien s’y prendre, c’est tout, mais je n’ai aucun sentiment pour lui et sa quéquette je m’en fiche, c’est bien un truc de mec ça. Il m’a donné beaucoup de plaisir et si c’est mon orgasme qui commande le tien, avec lui tu es sûr d’en avoir un du même niveau que l’autre soir. Avec un inconnu, a fortiori deux, je ne suis pas certaine de jouir et par là même, de TE faire jouir. C’est aussi pour ça qu’à la rigueur, j’accepterais encore Damien.
Hugo se radoucit.
— Je comprends, mais il ne voudra pas. Nous avons été mal à l’aise au bureau pendant une semaine ou deux. Maintenant, nous ne parlons plus de ça et nos relations sont redevenues normales. De plus, te voir faire le jambon dans le sandwich m’excite déjà considérablement.
— Merci pour la comparaison. Parfois, je me demande si tu m’aimes vraiment, fit-elle en posant sa casserole.
— Excuse-moi, c’était maladroit. Veux-tu bien essayer, je t’en prie ?
Juliette aimait tendrement son époux. Elle n’avait de cesse de lui être agréable, surtout depuis l’accident dont elle s’estimait en grande partie responsable. Hugo ne lui en parlait jamais, mais qu’en pensait-il vraiment ? Elle soupira puis, résignée, elle lui dit :
— D’accord, d’accord puisque tu y tiens. D’accord, mais mêmes conditions que pour la première fois. Pas un mot et ils déguerpissent dès que c’est fini.
Hugo regarda sa femme tendrement et lui susurra :
— Embrasse-moi et emmène-moi au lit. J’ai la langue qui frétille…
Prenant les poignées du fauteuil, Juliette accompagna Hugo jusqu’à la chambre.
— Je n’ai pas trop la tête à ça après ce que tu viens de me dire, dit-elle.
— Ne pense plus à rien, nous avons tout notre temps, conclut-il.

*

Hugo s’était bien demandé comment il allait pouvoir trouver deux inconnus pour leur proposer de faire l’amour avec sa femme. L’entreprise où il travaillait il n’en était pas question, l’expérience avec Damien avait suffi. Il y avait bien le café en face où il s’arrêtait de temps en temps. Parfois, des inconnus venaient y prendre un verre, mais ils pouvaient trop parler et il risquait de les revoir par la suite, ce dont il n’avait pas envie. Ce fut alors qu’il eut l’idée de s’inscrire sur un site internet dédié au libertinage et de passer une annonce. Il y mit une des photos suggestives de Juliette en ayant soin toutefois de flouter son visage et attendit les réponses. Il en reçut plusieurs, dont de nombreuses farfelues ou bien d’hommes ne correspondant pas au profil qu’il s’était imposé. Il eut aussi des propositions de la part d’échangistes auxquelles il ne pouvait évidemment donner suite. Au bout de deux semaines, plus rien dans sa messagerie et il se découragea. Il réfléchissait à une autre manière de recruter deux bonnes volontés quand il reçut un message qui lui parut intéressant. Le texte était clair, complet, bien orthographié, venant de deux jeunes hommes d’âge adéquat et dont la motivation était amusante. Il s’agissait de deux amis se mariant chacun de leur côté le même jour et ils s’étaient promis une soirée à trois comme celle que proposait Hugo pour « enterrer » leur vie de garçon. Leurs futures femmes respectives n’étaient bien évidemment pas informées et Hugo se dit que, pour la discrétion, il ne pourrait pas mieux tomber. Il répondit par une proposition de rendez-vous dans un café à l’autre bout de la ville qui fut rapidement acceptée. Sur place, Hugo vit que les deux jeunes hommes étaient comme il se les était imaginés, mais ceux-ci furent bien stupéfaits de discuter de leur projet avec un paralytique. L’étonnement passé, l’affaire fut vite conclue pour le week-end suivant.

Trop impatient d’annoncer la nouvelle, Hugo apostropha son épouse dès qu’il rentra chez lui :
— Chérie ! J’ai invité deux amis pour samedi soir, mais ils ne viennent pas dîner.
Juliette le fusilla du regard :
— Ça y est, t’as encore négocié mon cul !
— Ne dis pas ça comme ça s’il te plait… Nous étions d’accord, je crois.
— Oui, oui, j’ai accepté puisque c’est pour toi, mais ne me demande pas de sauter au plafond tout de même.
— Tu ne veux pas savoir qui c’est au moins ?
— Je m’en fous.
— Tu ne devrais pas. Ce sont deux beaux mecs bien bâtis, un ou deux ans plus jeunes que nous et qui enterrent tous les deux leur vie de garçon comme ça.
— Je plains leurs femmes, ça promet.
— Ils m’ont demandé si tu ferais tout ce qu’ils exigeront, je leur ai dit oui.
— Tiens donc, c’est facile ! On voit que tu n’es pas à ma place… Pas de sado-maso, ça je ne marche pas.
— Non, rassure-toi, je les ai déjà informés. Je t’aime, tu sais…
Elle ne répondit pas et resta dans le salon alors qu’Hugo se dirigea vers le bureau. En son for intérieur, Juliette, qui prenait un air faussement détaché avec son mari, était malheureuse. Elle qui aimait tant faire l’amour avec lui… Il était doux, attentionné, il savait l’amener à l’orgasme de quinze manières différentes sans qu’elle devinât précisément laquelle il allait employer à un moment déterminé. Coucher avec deux hommes, elle ne l’avait jamais fait ou presque. Elle en avait un souvenir amusé et tenta de se remémorer l’unique expérience qu’elle avait eue avec deux partenaires avant son mariage, elle venait juste de fêter ses dix-huit ans.

Ce jour-là, Juliette et son petit copain de l’époque avaient été conviés chez une de ses camarades du nom d’Édith. Ses parents avaient déserté la maison le temps d’un week-end et Édith en avait profité pour les inviter ainsi que son propre flirt. Le samedi après-midi, dans la chambre de la jeune fille, pendant que les deux couples s’embrassaient et se pelotaient chacun à un bout du grand lit, le téléphone sonna. Édith se leva et répondit, c’était sa mère. La conversation terminée, elle signifia aux trois jeunes gens qu’elle devait impérativement faire une course pour ses parents et qu’elle allait s’absenter au moins une heure. Elle partit, laissant ses trois invités. Juliette reprit ses activités amoureuses avec son petit ami sous les yeux de celui d’Édith. Au bout d’un quart d’heure, n’y tenant plus, elle ôta son chemisier et dégrafa son soutien-gorge. Son ami en profita pour faire glisser la fermeture de sa braguette et sortit sa verge décalottée que Juliette suça avec entrain. Le copain d’Édith assistait amusé à la fellation et lorgnait avec envie les seins ronds de la jeune fille. Finalement, particulièrement excité d’abord par Édith puis par la scène qu’il observait, il finit par s’approcher du couple et se plaça à genoux derrière Juliette à quatre pattes sur le lit. Il retroussa la jupe et fit glisser la culotte sous l’œil complice de l’autre garçon qui savourait la fellation sans s’occuper du reste. Juliette n’eut aucune réaction partagée entre le fait de ne sortir qu’avec un seul copain à la fois comme il était communément admis, et son désir inconscient de connaître une expérience multiple. Voyant cela, le copain d’Édith s’enhardit, extirpa son pénis raide comme un bambou et l’approcha du vagin trempé. Il pénétra Juliette avec facilité, elle n’était plus vierge depuis ses quinze ans, et cette dernière apprécia un très long moment les deux phallus qui gigotaient l’un dans sa bouche et l’autre dans sa vulve. Sa seule pensée était à cet instant : « Vont-ils jouir en même temps ? » Seulement, la porte de la chambre s’ouvrit plus tôt que prévu. Ce fut la panique chez les trois protagonistes et Édith, dans une colère noire, chassa tout le monde de sa maison. Inutile d’ajouter que plus jamais Juliette ne revit son amie.

Juliette souriait en repensant à cet épisode de sa jeune vie, ce n’était pas si loin. Elle fera ce que son mari lui demande, mais bien pour lui, elle n’y voyait pas d’intérêt elle-même. « J’espère que ça va marcher cette fois-ci », songea-t-elle.

*

Quand ils arrivèrent, avec une demi-heure de retard, chez Juliette et Hugo, les deux garçons étaient légèrement éméchés. Ils avaient dû boire deux ou trois apéritifs avant de venir. Ils étaient jeunes et beaux comme l’avait signalé Hugo, mais sentaient l’alcool. Ils se présentèrent, Maximilien et Gregory.

Hugo conduisit les deux garçons dans la chambre, prit sa place dans l’angle du mur et d’un geste, leur fit signe qu’ils étaient libres de commencer. Juliette attendait sur le lit depuis déjà un moment, elle était nue, assise en tailleur et avait froid. Maximilien s’enhardit et, tout habillé, monta sur le lit. Il enlaça Juliette qu’il embrassa sur la bouche, la langue sortie. Celle-ci répondit au baiser et s’allongea sur le dos en dépliant les jambes. Gregory, lui aussi habillé, mit la tête entre les cuisses de la jeune femme et lui lécha la vulve avec avidité. Juliette, qui aimait cette caresse, lubrifia immédiatement et abondamment. Maximilien quitta les lèvres de Juliette, se leva et se déshabilla en un temps record. Il remonta sur le lit à genoux et, voulant faire plus que son ami, présenta sa verge à la bouche de Juliette qui l’ouvrit séance tenante. Il enfonça son phallus dans ce confortable fourreau et ne bougea plus. La jeune femme prit alors les devants et fit aller sa tête d’avant en arrière dans un mouvement régulier tout en suçant le gland qui lui était offert. Gregory cessa son cunnilingus et ôta également ses vêtements. Il s’allongea sur Juliette, toujours en train de pomper Maximilien, et la pénétra. Juliette poussa un soupir en ouvrant la bouche et Maximilien extirpa son pénis. Par signe, puisqu’ils ne devaient parler en aucune façon, il fit comprendre à Gregory de retourner la jeune femme, ce qu’il fit. Ce dernier se retrouva sur le dos avec Juliette couchée sur lui, également sur le dos. Ce fut alors que Maximilien fit quelque chose d’étonnant. Il prit la verge de Gregory, la sortit du vagin de la jeune femme et la planta quelques centimètres en dessous entre ses fesses. Sous l’action habile des trois protagonistes, le sphincter ne fit aucune difficulté pour s’ouvrir et Gregory enfonça sa verge loin dans le rectum de Juliette. Ensuite, Maximilien s’allongea sur Juliette et la pénétra à son tour dans le vagin libéré. L’épouse d’Hugo subissait sans émotion aucune les assauts de ces deux hommes, mais ne pensait qu’à son mari.

Dès que celui-ci vit sa femme possédée dans ses deux orifices, Hugo se mit à bander comme il l’espérait. Il entama une masturbation qu’il souhaitait fructueuse, mais devait attendre pour cela l’orgasme de Juliette, du moins le pensait-il. Il fixa son regard sur ce qu’il pouvait voir des fesses de sa femme et des phallus la pénétrant. Il était heureux, son épouse faisait « le jambon » !
Alors que Maximilien embrassait Juliette goulûment, Gregory, par derrière lui malaxait les seins. Ils se remuaient dans leur conduit respectif, mais l’orgasme n’arrivait pas vite, sans doute en raison de l’alcool bu avant de venir. De son côté, Juliette s’ennuyait sachant qu’elle n’aurait aucun orgasme cette fois-ci et en était désolée pour son époux. Elle attendait que ça se passe. Lassés également, Maximilien et Gregory, qui s’étaient parlé en chuchotant, quittèrent l’anus et le sexe de Juliette. À genoux, un de chaque côté, ils s’approchèrent du visage de la jeune femme, lui ouvrirent la bouche et lui firent comprendre de la garder telle quelle. Ils positionnèrent leur pénis au-dessus des lèvres béantes et se masturbèrent en cadence.

Hugo les voyait faire et il imagina tout de suite le sperme de ces garçons couler dans la gorge de Juliette qui avalerait la semence mélangée. Il ferait comme eux, sans sa femme toutefois. Soudain, il poussa un long soupir, une éjaculation puissante se produisit, suivie de beaucoup d’autres. Hugo eut un orgasme plus fort que le dernier, mais plus bref. Il continuait à se branler énergiquement, il ne voulait pas arrêter de faire aller et venir le prépuce, il ne voulait pas que la jouissance cesse…

Juliette en fut étonnée. Normalement, cet orgasme n’aurait dû arriver que si elle-même avait joui, ce qui n’était pas le cas. Quelle explication aurait Hugo cette fois-ci ? Dans le même temps, Maximilien poussa également un soupir et dirigea son gland sur la langue de Juliette. Il déchargea en ahanant une grosse quantité de sperme qui se répandit dans la bouche de la jeune femme. Il fut suivi immédiatement par Gregory qui ajouta sa semence à celle de son ami. Juliette, soumise comme convenu, les questionna d’un regard : que devait-elle faire ? Eux-mêmes s’amusèrent un instant de voir la langue et les dents de la jeune femme disparaître en partie sous le liquide blanc et visqueux qu’il venait tous deux d’éjaculer. Gregory lui prit alors la mâchoire, la ferma et la maintint dans cette position. Juliette comprit et déglutit d’un bruit de gorge appuyé. Les deux amis se regardèrent, rirent, et d’un commun accord, se levèrent non sans avoir embrassé chacun un sein de la jeune femme. Ils quittèrent la pièce et l’appartement en un temps record, comme s’ils étaient honteux de ce qu’ils venaient de faire. Juliette se tourna sur le ventre et pleura dans le traversin.

Par respect pour son chagrin Hugo, ancré dans son fantasme, ne comprenait pas bien la réaction de son épouse, mais se tut et attendit de nombreuses minutes. Enfin, n’ayant pas perdu de vue son objectif, il se sentit prêt à réessayer.
— Mon amour, tu m’aides s’il te plait ?
Les yeux rougis, Juliette se leva et soutint son mari pour qu’il s’allonge sur le lit. Elle se mit à genoux et goba le pénis flaccide pour en exciter le gland. Au bout de dix minutes, il ne s’était rien passé et Hugo finit par lui dire :
— Laisse, c’est fichu pour ce soir.
Juliette ne l’écouta pas et insista encore un moment puis elle fondit en larme.
Hugo lui prit la tête et l’amena vers lui :
— Embrasse-moi, lui dit-il.
Les joues mouillées elle colla sa bouche sur celle de son mari pour un baiser passionné. Se retirant, Hugo questionna maladroitement :
— Leur sperme a le même goût que le mien ?
Choquée, Juliette se leva d’un bond et fila dans la salle de bains.
— Ne pousse pas le bouchon trop loin s’il te plait, dit-elle en claquant la porte.
Hugo ignora la réponse de son épouse, il imaginait déjà la suite.

*

Il dormit comme un loir, mais Juliette passa une nuit blanche. Le matin au petit déjeuner Hugo, sans prendre garde aux yeux rougis cernés de noir et au visage défait de son épouse lui déclara :
— Je sais ce qui ne va pas.
Fatiguée, Juliette n’émit qu’un grognement.
— Ce n’est pas ton orgasme qui commande le mien. Je l’ai cru la première fois avec Damien, mais après l’expérience de cette nuit je me suis bien rendu compte que c’était le fait de te voir possédée qui m’a fait jouir. J’ai joui moins longtemps, mais plus fort hier soir. Je sais pourquoi j’y ai beaucoup réfléchi.
Sans manifester un grand intérêt, Juliette répondit :
— Ah ? Et tu as trouvé quoi cette fois-ci ?
— Quand Maximilien et Gregory t’ont pris les fesses, tu embrassais celui du dessus, mais j’aurais aimé autre chose. J’aurais voulu que tu suces une autre bite en même temps.
— Nous y voilà ! fit Juliette désabusée. Maintenant, tu vas m’en proposer trois, je parie : et tu vas t’arrêter où comme ça ? Trois et je peux encore en branler deux, mais c’est tout, ajouta-t-elle caustique.
Les yeux dans le vague, son mari éluda :
— Écoute. Trois types et je suis sûr de prendre un pied phénoménal. Si tu ne parviens pas à me faire bander après, nous arrêterons là, c’est promis.
— Non, c’est inutile. Je t’aime chéri, mais je n’irai pas plus loin.
Hugo s’énerva :
— Comment ça tu n’iras pas plus loin ?! Tu me dois bien ça pourtant ! C’est la faute à qui si je suis dans ce fauteuil, hein ? Qui est-ce qui a voulu me sucer à tout prix dans la voiture alors que je n’étais pas d’accord ? Moi je te fais jouir quand tu veux et comme tu veux. Alors tu dois faire pareil pour moi. Je suis devenu candauliste par ta faute alors il faut bien que tu assumes !
Juliette était effondrée sous les paroles de son époux. Jusqu’à présent, elle ignorait comment la jugeait Hugo depuis l’accident. Elle savait maintenant qu’il la prenait pour responsable et elle se sentit soudain tellement redevable envers lui... Alors oui, elle allait encore accepter. Oui, elle allait encore prêter son corps à la jouissance de parfaits inconnus, oui elle allait être l’esclave d’Hugo et de son addiction sexuelle. Elle devait l’emmener à l’orgasme comme dans un couple normal, quelle qu’en soit la manière. Alors oui, oui, oui pour tout…
— Si tu veux encore une fois, s’entendit-elle répondre.

*

Hugo trouva les prochains amants de sa femme à l’école d’infirmiers de la ville : trois jeunes étudiants de première année, tous citadins et de bonne éducation. Quand ils furent reçus par Juliette et Hugo ils étaient intimidés, mais dès qu’ils pénétrèrent dans la chambre, leur libido prit le dessus.

En pleine santé, ils se prêtèrent Juliette l’un après l’autre de manière à ce que chacun d’eux éjaculât dans les trois orifices que leur proposait la jeune femme et pût se reposer entre deux prestations. Juliette fit ainsi l’amour neuf fois sans s’arrêter, trois fois elle reçut le sperme dans le vagin, trois fois la semence se perdit dans son rectum et trois fois elle avala le liquide séminal des garçons. Elle n’eut, quant à elle, qu’un seul orgasme et exceptionnellement pour elle, lors d’une sodomie. Le jeune homme qui l’avait provoqué n’en était pas peu fier, même si Juliette l’avait largement aidé en se caressant le clitoris pendant qu’elle était à quatre pattes.
Hugo, voyant sa femme prise dans ce qui ressemblait à une tournante, jouissait du regard et obtint en se masturbant la première fois un orgasme exceptionnel supplantant les deux derniers. Il eut pareillement le temps et le loisir d’entamer peu après une deuxième masturbation qui déboucha aussi sur un orgasme, mais de moindre qualité. C’était la première fois depuis l’accident qu’il jouissait deux fois en moins de deux heures.

Les étudiants aux anges remercièrent beaucoup Juliette épuisée ainsi que Hugo pour l’excellente soirée qu’ils venaient de passer. Ils partirent à regret, sachant qu’ils ne reviendraient plus comme il était convenu dans le marché.
Juliette s’assoupit quelques minutes et ce fut Hugo qui la réveilla en s’approchant du lit et en la secouant.
— On essaye s’il te plait ?
Juliette aida son mari à se coucher et tenta une fellation qu’elle savait d’instinct inutile. La suite lui donna raison et Hugo, de mauvaise humeur, la rabroua.
— Tu n’es bonne à rien, lui dit-il.
Juliette encaissa puis, trop éreintée pour répondre, tourna le dos à son mari et s’endormit.

*

Ce dimanche, Juliette se leva très tard. Tout son corps lui faisait mal et lui rappelait la nuit passée à faire jouir les trois hommes trois fois de suite par tous les orifices de sa personne. Il était midi et elle s’installa devant un bol de café. Une migraine sournoise survint, elle mit son coude sur la table pour soutenir son front de la paume de sa main qui lui parut fraîche. Hugo qui sortait du bureau arriva guilleret dans la cuisine, les yeux brillants. Inconscient de l’épuisement de sa femme il lança :
— Bonjour chérie ! Ça va ce matin ?
Sans attendre la réponse, il enchaîna :
— Tu m’as bien fait jouir hier avec les trois garçons. Mais deux fois, ce n’est pas assez ! J’ai besoin de plus, je veux te voir soumise à dix, vingt ou trente hommes, voire plus. Je veux te voir possédée par de gros phallus qui entreraient l’un après l’autre dans ton sexe, dans ton anus ou dans ta bouche. Pas plus de cinq minutes par gars, en une nuit tu pourras en faire jusqu’à cinquante ! Hein ? Qu’en dis-tu ?
Juliette, inquiète, tourna la tête vers son mari et c’est là qu’elle surprit la folie dans ses yeux.
— Nous ferons ça sur la terrasse, il n’y a pas assez de place dans la chambre ! Ha ! Ha ! Ha ! Tu pourras crier ta jouissance à tous les voisins, ils sauront combien je te rends heureuse malgré mon infirmité et moi, moi je me masturberai et j’aurai un orgasme si fort que mon sperme ira se perdre dans les étoiles. Mes gamètes féconderont des milliers de planètes, je serai l’égal de Dieu…
Juliette, tremblante, se leva et partit dans la salle de bains.
— Je vais prendre une douche, j’en ai besoin, dit-elle.
Sitôt la porte fermée au loquet, Juliette s’empara de son téléphone portable et composa le numéro des urgences. Peu de temps après, une ambulance du CHU de Saint-Julien emmenait Hugo qui se débattait.
Juliette s’affala dans le canapé du salon et sanglota pendant une heure.

*

Le temps était nuageux et froid le jour où Juliette, qui s’était bien remise des dernières semaines passées, arrivait à l’hôpital Saint-Julien. Elle avait rendez-vous avec le docteur Werstein, le psychiatre qui avait accueilli Hugo lors de son internement. C’était un homme de petite taille, des lunettes rondes et une barbiche de jais. Ses cheveux étaient plus rares, mais avaient conservé leur couleur noire. Il vint chercher Juliette dans la salle d’attente les mains dans les poches de sa blouse blanche. Il ne sortit que la main droite qu’il tendit pour la saluer.

Quand ils furent installés à son bureau, Werstein prévint :
— Ce n’est pas maintenant que je vais vous laisser rendre visite à votre mari. Vous savez, son état ne s’est pas encore stabilisé, il a subi un gros choc émotionnel.
— Je vous en ai donné l’explication et tous les détails sordides lorsque je vous ai vu la première fois, docteur. Même si j’ai dû tirer un trait sur ma fierté personnelle, je vous ai tout raconté sans rien omettre.
— Oui, je sais et cela m’a bien aidé pour asseoir mon diagnostic. Pour le reste, ne vous inquiétez pas, j’ai entendu des choses bien plus saugrenues et quoi qu’il en soit, le secret médical, surtout dans notre branche n’est pas un vain mot.
— J’en suis certaine, dit Juliette en rougissant.
— Le candaulisme développé par votre mari n’a qu’un but : celui de vous rendre heureuse. Il sait que sa perte d’érection ne lui permet plus de se comporter comme un homme avec vous et les compensations que vous avez trouvées n’ont fait que mettre en lumière l’acte principal du coït dont il n’est plus capable. En ce sens, Hugo a voulu remplacer le mâle qu’il n’est plus par un ou plusieurs autres hommes dont il espérait bien qu’ils vous mèneraient à l’orgasme. Votre orgasme a déclenché en lui son érection et sa propre jouissance. Plus tard, c’est le simple fait de vous voir prises par d’autres qui a facilité son plaisir. Dans son esprit, plus il y avait d’hommes qui vous possédaient, plus il pensait vous rendre heureuse et plus grand était son propre plaisir. Le cadeau qu’il vous faisait valait pour vous, mais aussi pour lui.
— Mais alors, pourquoi a-t-il complètement perdu les pédales ?
— Chez les candaulistes pratiquant couramment ce jeu sexuel, les deux membres du couple se font plaisir mutuellement. L’homme par la satisfaction d’une addiction connue depuis l’Antiquité, la femme par la possibilité de varier ses partenaires sexuels avec le plein accord de son compagnon. Parfois même, l’homme le fait par un besoin d’intense humiliation ou bien il peut prendre plaisir à assister à un simulacre du viol de sa partenaire officielle. Mais ça s’arrête là, il y a rarement cette spirale « inflationniste » que votre mari voulait vous imposer. Par ailleurs, comme il vous rend responsable de l’accident de voiture dont vous avez été victimes il y a un an et demi, cette spirale lui servait aussi à vous punir sans qu’il en ait conscience. D’où les excès dont il a fait preuve et qui vous ont été imposés. Ajoutés au traumatisme même de cet accident, ces deux sentiments se sont opposés violemment en lui et finirent par lui faire perdre la raison.
— La retrouvera-t-il docteur ?
— Nul ne peut le dire. Nous sommes vraiment des débutants dès que l’on s’attaque à l’esprit humain. Votre mari peut rester dans son monde pendant tout le reste de sa vie ou bien sa conscience peut se réveiller dans une semaine. Mais je ne peux ni ne veux vous donner un quelconque espoir. Notre seul rôle maintenant est de veiller sur lui.
Juliette essuya les larmes qui perlaient au coin de chacun de ses yeux.
— Que va-t-il devenir ?
— Les soins sont terminés ici et, le diagnostic ayant été posé, je vais l’envoyer dans une clinique spécialisée non loin de là. C’est un excellent établissement, Hugo y sera traité comme il se doit. De plus, j’ai quelques patients qui y séjournent déjà, je ne manquerai pas de me faire communiquer son dossier à chacune de mes visites.
Juliette se leva, prit son manteau qu’elle avait posé sur une chaise à ses côtés et tendit la main à Werstein.
— Merci docteur, faites pour le mieux. J’ai confiance en vous.
Tout en gardant la main de Juliette dans la sienne, le médecin lui dit :
— Comptez sur moi, assura-t-il sincèrement.

*

Juliette, affligée par la tournure des événements, était rentrée depuis seulement cinq minutes quand le téléphone sonna :
— Tu es allée voir mon fils ? Comment va-t-il ? Va-t-il bientôt sortir ? débita une voix sans autre forme de politesse.
— Bonjour belle-maman, répondit Juliette avec une pointe d’humour quand elle reconnut sa correspondante.
— Oui, je suis allée à l’hôpital. Il va bien autant que faire se peut. J’ai discuté longuement de lui avec le docteur Werstein, poursuivit-elle.
— Il va le faire sortir ?
Acculée, Juliette fut obligée de répondre :
— Pas tout de suite, il est toujours en observation.
— Il a donné une date ?
— Non, pas encore.
— Tu vas aller le voir souvent ?
— On ne peut pas pour l’instant, vous savez… Je vais en profiter pour prendre quelques jours de repos à la montagne, j’en ai bien besoin. Pouvez-vous passer à l’appartement pendant quelque temps ?
— C’est ça, tu abandonnes ton mari ! Heureusement qu’il a une mère. Tu peux ficher le camp, va, ça n’empêchera pas que c’est à cause de toi que mon pauvre Hugo est dans cet état. Ça ne t’a pas suffi de le rendre paralytique, il a fallu aussi que tu le rendes fou !
— Mais c’était un accident ! se défendit Juliette.
— Un accident ? Tu oses appeler ça un accident ! Tu oublies que mon frère est retraité de la gendarmerie. J’ai pu avoir le rapport du gendarme qui a constaté les faits, je ne t’en dis pas plus, tu vois de quoi je parle espèce de dépravée, ne m’oblige pas à être grossière ! Heureusement que mon mari n’est plus de ce monde, il n’aurait pas pu supporter cette honte !
— Je… commença Juliette sans aller plus loin.
— C’est ça, tais-toi ! Tu n’as plus rien à dire ! Oui, je passerai à l’appartement et j’arroserai les plantes, ne t’en fais pas. J’ai mes clés et j’espère bien ne pas t’y rencontrer.

Sur ces paroles, la mère d’Hugo raccrocha sèchement. Juliette lança le téléphone violemment à terre et s’écroula dans le canapé, en pleurs. « Tout le monde connaît donc l’origine de l’accident. Hugo, sa mère, le gendarme, tous m’accusent. Le docteur Werstein certainement aussi, malgré ce qu’il prétend… La belle-mère a raison, il vaut mieux que je parte ; la honte, la culpabilité et la dépravation sont sur moi. Qui donc pourrait me pardonner pour tout ça ? » songea-t-elle.
Après dix minutes, ses sanglots se calmèrent et ses yeux se portèrent sur une revue publiée par la municipalité. La photo de couverture représentait en gros plan le crucifix d’une église remarquable de la ville, revue dont Juliette caressa doucement le papier glacé du bout des doigts. Retirant sa main soudainement, comme si la couronne du Christ l’avait elle-même piquée, elle alla chercher un vieil annuaire papier. Il n’était plus à jour bien entendu, mais Juliette détestait les annuaires électroniques et pour ce qu’elle voulait, ce n’était pas important. Quand elle eut trouvé, elle ramassa le téléphone à terre, remit les batteries en place ainsi que le couvercle qui se cachait sous un meuble et l’air décidé, composa un numéro.

— Allo, fit-elle fébrile quand le correspondant décrocha.
— Bonjour. Couvent des Sœurs de la Mansuétude, que puis-je pour vous ?
— Bonjour, ma sœur, j’ai besoin de prendre rendez-vous avec la mère supérieure, s’il vous plait…

*


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Commentaires de l'histoire :

Philus
Il n'y a pas de suite de prévue. Juliette s'est prêtée à ces jeux sexuels par amour pour son mari et par un sentiment de culpabilité qui la poursuit. Elle espère trouver dans la religion, non pas l'oubli mais le pardon.
Posté le 25/06/2018

Anonyme
La suite du recit SVP
Posté le 20/06/2018


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